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Technologie à l'école primaire, approche de la discipline et présentation du concours
AMPHI TECHNOLOGIE, CHRISTOPHE LE FRANÇOIS

vendredi 30 septembre 2005


DANS LA MEME RUBRIQUE :
Épreuve de sciences et technologie et le nouveau concours de recrutement des professeurs des écoles (CERPE) 

THEMES ABORDES :

Technologie

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Dernière mise à jour : 14.10.2010


Plan :

1- Présentation de l'épreuve et du cours

2- Présentation de la discipline. Définition, historique de la discipline

3- L'enseignement de la technologie en cycle 3. Enjeux, bjectifs

4-Quelques notions générales. Technique, technologie, objet technique, machine, mécanisme, famille d'objets, lignée d'objets

5- Lecture technologique du programme du concours

6- Bibliographie, ressources et exemples de mise en oeuvre pédagogique


1- Présentation de l'épreuve et du cours

Présentation de l'épreuve

L'épreuve de sciences et technologie se situe uniquement dans les épreuves d'admissibilité.

CERPE 2011 - A N N E X E I

A. - Epreuves du concours externe de recrutement de professeurs des écoles

I. - Epreuves d'admissibilité

L'admissibilité comporte deux groupes d'épreuves de quatre heures chacun, en français et histoire géographie et instruction civique et morale, d'une part, et en mathématiques et sciences expérimentales et technologie, d'autre part. Dans chaque épreuve écrite, il est tenu compte, à hauteur de trois points maximum, de la correction syntaxique et de la qualité orthographique de la production des candidats.

I-1. Epreuve écrite de français et d'histoire, géographie et instruction civique et morale (durée de l'épreuve : quatre heures).

I-2. Epreuve écrite de mathématiques et de sciences expérimentales et de technologie

L'épreuve vise à évaluer :

-  la maîtrise des savoirs disciplinaires nécessaires à l'enseignement des mathématiques, en référence aux programmes de l'école primaire, ainsi que la capacité à raisonner logiquement dans les domaines numérique et géométrique et à communiquer dans un langage précis et rigoureux ;

-  la maîtrise des principales connaissances scientifiques et technologiques nécessaires pour enseigner à l'école primaire ainsi que la capacité à conduire un raisonnement scientifique.

L'épreuve comporte deux parties.

Dans la première partie, le candidat résout deux ou trois problèmes ou exercices de mathématiques.

Dans la seconde partie, le candidat répond à deux ou trois questions relevant des domaines scientifiques ou technologiques, à partir de documents ayant trait à des notions inscrites dans les programmes du premier degré.

L'épreuve est notée sur 20 : 12 points sont attribués à la première partie, 8 points sont attribués à la seconde partie ; coefficient 3. Durée de l'épreuve : quatre heures.


Article 14 de l'arrêté du 28 décembre 2009 fixant les modalités d'organisation du concours externe, du concours externe spécial, du second concours interne, du second concours interne spécial et du troisième concours de recrutement de professeurs des écoles :

Les sujets des épreuves écrites d'admissibilité des concours cités à l'article 1er ont pour programmes de référence ceux du collège et sont établis en tenant compte des programmes d'enseignement en vigueur à l'école primaire.



2- Présentation de la discipline

- Mise en situation, lien avec les pratiques scolaires vécues

Chacun de nous a le souvenir d'avoir fabriqué des choses à l'école primaire. Il s'agit de petits objets utilitaires, de jeux, de maquettes, de montages expérimentaux, de décors pour des spectacles, ou encore de gâteaux confectionnés à l'aide d'une recette. Toutes ces réalisations n'entrent pas nécessairement dans la catégorie des activités technologiques, mais le seul fait d'avoir transformé rationnellement des matières premières à l'aide d'outils et de techniques est susceptible de mobiliser une pensée technologique.
La question qui se pose alors est de savoir comment distinguer approche technologique et approche artistique, approche technologique et approche scientifique. Dans la réalité de la classe, ces approches sont souvent mêlées. Il convient de progressivement les singulariser pour permettre à l'élève de commencer à construire trois grilles de lecture (du monde) complémentaires (cycles 1 et 2).
Ces apprentissages seront distingués ensuite en cycle 3, parfois au creux de projets interdisciplinaires. Ils sont enfin relayés par les différentes disciplines du collège : chacun de nous se souvient d'avoir réalisé ou étudié des objets techniques au collège (des objets électroniques, l'ordinateur, des classeurs, des boîtes, des objets en bois, en terre...).

- Définition

La technologie à l'école s'intéresse à tout ce que construisent les Humains, et plus particulièrement les nombreux objets fonctionnels qui nous entourent et dont on se sert tous les jours.

Dérivé du grec tékhne, le mot pointe l'idée d'art qui désigne un savoir-faire permettant de reproduire à volonté un résultat donné (voir la définition du mot technique).
Associé au grec lógos, le mot technologie introduit l'idée d'une pensée, d'une réflexion.

La technologie associe donc activité de réalisation et réflexion, activités pratiques et intellectuelles.

De là se dégagent les deux versants de la technologie, telle que l'on peut l'observer dans la réalité des pratiques sociales :

  • Résoudre des problèmes techniques en créant des solutions appropriées qui mettent en oeuvre les technique connues, ou qui les inventent pour l'occasion. C'est le travail de l'artisan, de l'ouvrier, de l'ingénieur ou encore de l'architecte.

  • Étudier les solutions techniques inventées par l'homme et les usages qu'il en fait. C'est le travail du philosophe, du sociologue, de l'historien ou encore de l'ethnologue (André Leroi-Gourhan, qui a longuement étudié les outils préhistoriques, se disait technologue).

En classe, si l'on souhaite accompagner les élèves dans leur découverte du monde, on se référera à la réalité des pratiques sociales. Du coup, deux formes d'activité technologique s'installent :

  • Apprendre à résoudre des problèmes techniques en fabriquant des objets.
    Le questionnement disciplinaire qui engage l'activité est le suivant : comment réaliser un objet fonctionnel susceptible de répondre à un besoin défini ? Cette activité implique d'explorer les principales caractéristiques des matériaux usuels et les conditions de leur mise en forme (choix des outils et techniques de façonnage).

  • Étudier des objets dans leurs dimensions techniques et culturelles.
    Un second questionnement disciplinaire engage cette activité : comment s'appellent les objets qui nous entourent, à quoi servent-ils, comment sont-ils faits, comment fonctionnent-ils, comment les utilise-t-on, qui les a fabriqués, quand, où ? Que faire des objets usagers, peut-on les recycler, sont-ils dangereux pour l'environnement ?

- Historique de la discipline

Lorsque l'on tente de se souvenir des objets que l'on a réalisés soi-même en classe, les plus jeunes d'entre nous ont en tête des objets électroniques, l'informatique et l'étude de la notion de produit. De moins jeunes se rappellent avoir fabriqué des pots en terre, des paniers, ou encore des objets en bois ou en acier. Les plus anciens repensent aux cours d'éducation domestique réservés aux jeunes filles et aux ateliers où les jeunes garçons travaillaient le bois et le métal.

Cette mémoire témoigne d'une évolution en profondeur de la discipline. Avant 1975, on parle de Travaux Manuels Éducatifs (TME). Les activités font référence à l'artisanat d'art, la vannerie, le tissage, la céramique, l'ébénisterie, la ferronerie. La logique de la discipline place l'élève dans des situations où l'on cherche à éveiller sa créativité et à développer sa psychmotricité fine.

À partir de 1975 se met en place le collège unique. On parle alors d'Éducation Manuelle et Technique (EMT). Les filles et les garçons suivent désormais le même programme. Les activités font référence à l'artisanat industriel. La logique de la discipline place l'élève dans des situations où il apprend à fabriquer rationnellement un objet fonctionnel, au besoin dans le cadre d'un travail sériel et s'il le faut à l'aide des machines utilisées par les artisans ou dans la petite industrie (par exemple des postes de soudure, des perceuses sur colonne, des scies électriques, des tours, des fraiseuses).

À partir de 1985 la discipline prend le nom de Technologie. On ne parle plus seulement d'objet mais de produit. Il s'agit de prendre en compte la réalité de la dimension économique du système d'échange dans lequel entrent la conception, la réalisation et la diffusion de tout objet technique. Mais il s'agit également de prendre en compte la révolution technique en cours qui se déploie via l'électronique miniaturisée et l'informatique. Au collège, les activités font référence aux „sciences de l'ingénieur". Les élèves étudient le cycle de vie d'un produit et chacune des phases de ce cycle, ils apprennent l'usage de l'outil informatique et acquièrent quelques notions au sujet de l'histoire des techniques.


3- L'enseignement de la technologie en cycle 3 : Découvrir le monde des objets fabriqués par les humains

L'approche de la technologie dans le primaire est sensiblement différente des pratiques développées dans le secondaire. D'abord parce que la discipline reste étroitement liée à d'autres domaines (aux cycles 1 et 2 elle est intégrée dans un ensemble intitulé Découverte du monde).

Cela engage une approche pédagogique de type pluri ou interdisciplinaire. Le fait d'associer plusieurs disciplines entre elles pose la question de savoir comment définir la nature des notions et compétences technologiques effectivement construites par les élèves lors de l'activité proposée. Par exemple, en quoi le fait de fabriquer un masque, un mobile ou un circuit électrique introduit-il un apprentissage technologique qui dépasse la seule connaissance de techniques d'assemblage ? Si l'activité d'apprentissage se résume au seul fait d'apprendre à assembler deux parties d'un même objet, on ne peut sérieusement pas qualifier une telle activité de technologique.

Un autre facteur contribue également à singulariser l'enseignement de la technologie à l'école élémentaire, dans la mesure où les élèves disposent de compétences psychomotrices et de connaissances qui ne leur permettent pas de réaliser des objets complexes. L'éventail des pratiques reste en conséquence modeste.

Enfin, le fait pour l'enseignant du primaire d'avoir à gérer l'ensemble des disciplines ne fait pas de lui un spécialiste de la technologie. Les aspects purement techniques sont donc secondaires. Par contre, permettre à l'élève de construire les repères culturels élémentaires et fondamentaux qui lui permettront de "dé-couvrir" le versant technologique des cultures humaines reste essentiel :
-  développer son ingéniosité,
-  comprendre la logique mise en œuvre lorsque l'on fabrique un objet fonctionnel,
-  découvrir des principes techniques fondamentaux (leviers, transmissions et transformations de mouvements...),
-  découvrir l'omniprésence du fait technique dans notre culture actuelle et dans notre histoire,
-  commencer à construire un positionnement critique en vue de former des citoyens aptes à prendre position au sujet de la gestion de nos déchets, vis-à-vis des effets de l'agriculture intensive, ou encore vis-à-vis d'une industrie peu soucieuse des effets nocifs secondaires des produits qu'elle propose aux consommateurs.



- Enjeux : en quoi la technologie contribue-t-elle à la formation d'un(e) futur(e) citoyen(ne) ?

La technologie est une discipline qui permet à l'élève de découvrir le monde dans lequel il vit et de développer une approche critique à son égard ; elle lui permet également de construire des liens culturels avec le monde du travail ; elle lui donne l'occasion de commencer à saisir les valeurs sociales qu'on lui attribue.

  • Nous vivons dans une techno-culture au sein d'une techno-nature. Toutes nos pratiques quotidiennes s'appuient sur l'usage d'objets, de machines et de systèmes techniques visibles et invisibles. La quasi totalité de notre environnement a été modifiée par des activités techniques (pensons à l'agriculture ou à l'émergence des résaux sociaux numérisés).
    Nous évoluons dans un environnement d'images qui fait très largement appel à l'iconographie technologique (publicité, cinéma de science fiction).
    Un enfant de 3 ans qui arrive en petite section dispose déjà d'une grande culture technologique ; il a commencé à utiliser une télévision, un téléphone portable, une console de jeux, un lecteur de DVD voire un ordinateur. Son comportement dans l'environnement s'est organisé en fonction d'un potentiel utilitaire délivré par les machines mais aussi en fonction de sa dangerosité.
    Le façonnage de nos pratiques sociales et de notre environnement par l'activité technique et commerciale nécessite de notre part une vigilance critique, qui s'appuie sur une compréhension de son fonctionnement.

  • Le monde du travail est structuré par un système de division sociale relayé par l'école. Paradoxalement, la formation technique est d'un côté associée à l'échec scolaire (l'orientation par défaut vers le lycée professionnel), et de l'autre à la réussite scolaire (préparer un concours pour devenir ingénieur).
    D'une manière générale, un élève arrive au collège sans jamais avoir eu l'occasion d'acquérir les éléments fondamentaux d'une culture technologique (moins de 15 % des classes mettent en œuvre des projets en sciences et en technologie). La question est dès lors de savoir comment permettre aux élèves d'acquérir ces éléments fondamentaux d'une culture technologique autrement que par une orientation par défaut vers la formation technique professionnelle courte.

  • Le monde du travail est structuré par un système de division sexuelle relayé par l'école. Le phénomène est suffisamment connu pour qu'on y revienne pas longuement ici : l'idée de la technique est traditionnellement associée à une activité masculine. En quoi l'école permet-elle la diffusion d'une culture technologique auprès de tous les élèves ?

  • Autre enjeu relatif cette fois aux questions environnementales : notre consommation d'énergie, de nourriture et de matières premières, ainsi que notre production de déchets, génèrent un ensemble de problèmes susceptibles d'altérer fortement nos conditions de vie.

  • Dernier enjeu relatif à l'imbrication croissante de l'humain et de l'artificiel : on le voit par le biais des technologies médicales, le corps humain est susceptible d'abriter des objets techniques complexes (les prothèses). On perçoit également l'émergence d'un ensemble de questions relative au clonage, aux OGM et d'une manière générale à tous les pratiques qui introduisent un artifice dans le "vivant".

Comment permettre aux élèves de développer une attention à ces questions ? Comment les aider à former les conceptions qui les aideront à résoudre les problèmes à venir ?


- Objectifs du cycle des approfondissements (C3)

On perçoit le projet d'apprentissage technologique du cycle 3 en le replaçant dans une continuité avec le cycle 1 et le cycle 2, chacun d'eux apportant sa pierre à un édifice structuré. Bien entendu, toutes les compétences répertoriées ici, sous la forme d'un extrait des textes officiels, ne sont pas seulement travaillées en technologie, en particulier lorsqu'elles relèvent du raisonnement ou de la méthodologie. Ce qui vaut pour le C1 et le C2 vaut pour le C3.

Au cours du cycle 1, l'enfant exerce sa curiosité en découvrant la matière ou encore les objets fabriqués par l'homme. Il apprend à distinguer le monde physique et le monde vivant. Il s'essaie à raisonner. Il expérimente les instruments du travail intellectuel qui permettent de décrire la réalité, de la quantifier, de la classer ou de la mettre en ordre, en un mot de la comprendre. Il apprend à nommer avec précision les objets et leurs qualités. Il découvre aussi que le dessin peut représenter avec précision ce qu'il a observé et rendre partageables les informations dont il dispose.

À l'issue du cycle 2, l'élève doit être capable de :
-  mesurer ou comparer des longueurs, des masses de solides et de liquides, des contenances ;
-  choisir un outil en fonction de son usage et mener à bien une construction simple ;
-  construire un circuit électrique simple (sans dérivation) alimenté par des piles ;
-  identifier des pannes dans des dispositifs simples ;
-  utiliser quelques fonctions de base d'un ordinateur.

Il doit avoir compris et retenu :
-  que la matière n'apparaît pas et ne disparaît pas, même si, parfois, elle n'est pas perceptible ;
-  l'existence de règles de sécurité pour l'utilisation des objets, écrites ou symbolisées sur certains d'entre eux ;
-  les dangers potentiels présentés par l'électricité domestique ;
-  que l'ordinateur n'exécute que les consignes qui lui ont été données.

À l'issue du cycle 3 l'élève doit être capable de :
-  poser des questions précises et cohérentes à propos d'une situation d'observation ou d'expérience ;
-  imaginer et réaliser un dispositif expérimental susceptible de répondre aux questions que l'on se pose, en s'appuyant sur des observations, des mesures appropriées ou un schéma ;
-  réaliser un montage électrique à partir d'un schéma ;
-  utiliser des instruments d'observation et de mesure : double décimètre, loupe, boussole, balance, chronomètre ou horloge, thermomètre ;
-  recommencer une expérience en ne modifiant qu'un seul facteur par rapport à l'expérience précédente ;
-  mettre en relation des données, en faire une représentation schématique et l'interpréter, mettre en relation des observations réalisées en classe et des savoirs que l'on trouve dans une documentation ;
-  participer à la préparation d'une enquête ou d'une visite en élaborant un protocole d'observation ou un questionnaire ;
-  rédiger un compte rendu intégrant schéma d'expérience ou dessin d'observation,
-  produire, créer, modifier et exploiter un document à l'aide d'un logiciel de traitement de texte ;
-  communiquer au moyen d'une messagerie électronique.

Il doit avoir compris et retenu :
-  la conservation de la matière dans les changements d'état de l'eau, les mélanges et la dissolution, la matérialité de l'air ;
-  les principes élémentaires de fonctionnement de circuits électriques simples, de leviers, de balances, de systèmes de transmission du mouvement : quelques utilisations techniques.


4- Notions générales

-Technique (définition, relation avec la science et la culture)

Dérivé du grec tékhne le mot est d'abord synonyme d'art et désigne un savoir-faire permettant de reproduire à volonté un résultat donné (la tékhne est la connaissance envisagée sous le rapport de ses possibilités de réalisation pratique).

L'expression "savoir-faire" est essentielle : elle désigne l'existence de savoirs, de connaissances et de compétences que l'on ne peut réduire aux seuls aspects intellectuels. La position du corps, le placement de la main ou encore l'expérience sociale sont autant de dimensions possibles de la connaissance.

Ce savoir-faire peut reposer sur une expérience non verbalisée et peu codifiée (un "tour de main") ; il se transmet alors par imitation et expérience (apprentissage). Il peut également être verbalisé et reposer sur une codification explicite décrivant les procédures à suivre pour obtenir le résultat attendu (par exemple une recette).

Ce savoir-faire peut être relié à la connaissance scientifique des réalités concernées. Dans toute société humaine existe nécessairement un savoir technique, lequel précède donc chronologiquement le savoir scientifique ; cela n'implique nullement que ce dernier en découle. Il y a une histoire propre des techniques qui interfère avec celle des connaissances scientifiques.

Par exemple, les frères Montgolfier inventent la montgolfière sans être en mesure d'analyser scientifiquement le phénomène qui permet l'ascension d'un ballon à air chaud.

Le statut social de la culture technique est souvent dévalorisé, par rapport à une culture de type littéraire et esthétique, voire purement esthétique. Dans l'histoire de la pensée occidentale, on a souvent opposé la théorie, occupation désintéressée, relevant de l'activité noble de l'esprit, et la technique, savoir-faire intéressé, engagé dans la matière.

Pourtant, le cliquetis méticuleux des métiers à tisser n'intimidait pas Diderot. Les presses géantes de Birmingham n'impressionnaient pas Marx. Ni les haches de silex, ni les délicates aiguilles d'os ou d'arêtes ne parassaient à André Leroi-Gouhran vides de sens ; il en faisait notre corps même, suivant à la trace l'évolution des organes que nous avons sous la peau et d'autres, appelés "outils", que nous avons hors de la peau.

-Technologie

La technologie est l'étude des processus techniques dans lesquels on inclut des paramètres sociaux et industriels.

- Objet technique

Un objet technique est un objet artificiel et finalisé. La fonction de l'objet est pensée pour rendre son usage pratique. Ce qui implique d'articuler le plus étroitement possible cette fonction avec un besoin identifié. Sa réalisation résulte de la mise en forme de matériaux, à l'aide d'outils, de machines et de techniques appropriés. Les compétences mobilisées pour cette réalisation sont multiples, complexes et propres à une époque (des techniques anciennes sont perdues). Ces compétences sont mises en oeuvre dans des systèmes sociaux organisés. Réalisé au sein d'un contexte d'échanges économiques et symboliques, tout objet technique est un produit soumis à des appréciations esthétiques et plus largement culturelles. Du coup, à la fonction globale utilitaire de l'objet s'ajoutent des fonctions d'estime : son design, sa marque ou encore sa nouveauté.

- Machine

La machine est conçue traditionnellement de façon purement mécanique, comme une configuration de solides en mouvement, telle que le mouvement n'abolit pas la configuration (la machine se déforme et se reforme toujours de la même manière ; par exemple une montre mécanique). Cette conception limite les possibilités d'application de la notion aux systèmes vivants et aux activités intellectuelles.

Aujourd'hui, une machine est un système matériel ouvert (ou un système hiérarchisé de systèmes) dans lequel circulent de l'information et de l'énergie (par exemple un ordinateur muni de programmes).

Cette évolution résulte des recherches techniques menées pour mécaniser les opérations intellectuelles : la machine arithmétique de Pascal, le métier à tisser automatisé de Vaucanson, l'ordinateur et les programmes informatiques contemporains balisent historiquement cette recherche.

La barrière entre la matière et l'esprit a été franchie dès lors que l'on a été en mesure de matérialiser, en un circuit imprimé, un objet symbolique (un programme). Il y a équivalence entre les deux, au point où l'on peut remplacer l'un par l'autre.

Une machine est aujourd'hui caractérisée par : (i) le couplage (l'interaction) entre le fonctionnement de certaines de ses parties ; (ii) le fait que le traitement de l'information externe soit susceptible de provoquer des changements stables dans l'organisation du système (auto-organisation) et par conséquent une évolution irréversible. On parle désormais de machines naturelles et de machines artificielles.

Les questions qui découlent de cette situation sont très largement explorées par la littérature et le cinéma de science fiction.

- Mécanisme

Un mécanisme est une combinaison, un agencement de pièces, d'organes en vue d'un fonctionnement d'ensemble.

L'éthymologie renvoie au grec mechanè qui désigne des dispositifs comme les leviers, les chariots, les poulies.

(La Mécanique est l'étude des relation entre les objets matériels en fonction de leur état de repos ou de mouvement. Elle concerne le domaine de la physique).

- Famille d'objets

Pour un même besoin, différents objets techniques sont disponibles pour y répondre. Par exemple, si je souhaite m'éclairer avec une source de lumière autonome, je peux utiliser une lampe de poche électrique, une bougie, une torche, une lampe à huile. L'ensemble de ces objets constitue une famille d'objets répondant à un même besoin.
Plus tard, les élèves affineront cette notion en resserrant leur observation sur des familles d'objets qui utilisent des principes techniques proches : par exemple, la famille des lampes électriques à pile.

- Lignée d'objets

Pour un même besoin, différentes solutions ont été inventées selon les époques. Classer historiquement ces solutions permet d'établir une lignée d'objets. Par exemple, la lignée des objets permettant de fournir une source de lumière autonome pourrait être la suivante : la torche, la lampe à huile, la bougie, la lampe de poche électrique à pile, la lampe de poche électrique solaire.
Plus tard, les élèves affineront également cette notion en resserrant leur observation sur l'évolution d'un principe technique : par exemple, les solutions techniques inventées pour fabriquer des piles ont évolué depuis la première "Pile" de Volta, jusqu'aux piles actuelles.


5- Lecture technologique du programme du concours

La rubrique mécanisme, transmission et transformation de mouvement est traitée ici sous un angle technologique.

Les autres parties du programmes mobilisent pour une part une pensée technologique en articulation avec d'autres disciplines.

Ainsi, en liaison étroite avec les sciences physiques, les rubriques mesures, matière, énergie, lumière, électricité, astronomie ne peuvent être abordées sans avoir recours à un appareillage technique (de mesure, d'observation ou utilisant des principes physiques). Par exemple, aborder la mesure implique l'usage d'instruments fabriqués par les hommes, des objets pris dans une longue histoire que présente d'ailleurs le musée des Arts et Métiers dans le premier département de ses collections.
Autre exemple, aborder l'électricité implique l'usage d'ampoules, de fils électriques, d'interrupteurs et de piles, autant d'objets techniques susceptibles d'être étudiés avec un regard technologique.

Enfin, en liaison avec les SVT, les rubriques qui concernent le vivant et les êtres vivants dans leur milieu, impliquent également le développement d'un regard technologique. Par exemple, construire une représentation du vivant nécessite aujourd'hui de prendre en compte les machines qui imitent le vivant (ordinateur, télévision, tamagochi ; voir la définition de la notion de machine ci-dessus). Autre exemple, observer l'action de l'homme sur son environnement et construire la notion d'écosystème mobilise la question de la gestion des déchets domestiques et industriels.


6- Bibliographie

Quelques pistes pour développer sa culture technologique :
-  DEFORGES Y. (1985). Technologie et génétique de l'objet industriel. Paris : Maloine.
-  GILLE B. (1978). Histoire des techniques. Paris : Gallimard.
-  ISAMBERT-JAMATI V. (1984). Culture technique et critique sociale à l'école élémentaire. Paris : PUF
-  JACOB A. (Dir. 1990). Encyclopédie philosophique universelle. Les notions philosophiques, dictionnaire. Volume dirigé par Sylvain Auroux. Paris : PUF
-  LATOUR B. (1989). La Science en action. Paris : La Découverte.
-  LEROI-GOURHAN, A. (1964). Le geste et la parole, tome I Technique et langage, Paris : Editions Albin Michel.
-  SIMONDON, G. (1989). Du mode d'existence des objets techniques. Paris : Aubier

Quelques pistes pour aborder la technologie, discipline scolaire :
-  Bédart-Naji Evelyne (2000). Technologie au Cycle 3. Paris : Retz.
-  Coué Aline et Vignes Mihel (1995). Découverte de la matière et de la technique. Paris : Hachette éducation
-  Fourneau Jean-Claude. Sciences physiques et Technologie au cycle des approfondissements. CRDP des pays de Loire.
-  Lharidon Arlette (2003). Enseigner la Technologie au cycle 3. Paris : Nathan Pédagogie.

Ressources générales :
-  Quelques repères sur le site sciences et technologie de l'IUFM de Créteil : repères
-  Des informations au sujet des contenus en technologie : contenus
-  Le projet La main à la pâte : lamap

Exemples pédagogiques :

  • Un exemple d'étude d'objet technique au cycle 1 : les râpes
  • Un exemple d'étude d'objet technique au cycle 2 : la lampe de poche
  • Un exemple d'investigation au sujet d'un matériau dans le cadre d'une approche environnementale au cycle 2 et 3) : le papier recyclé
  • Concevoir un objet technique (un appareil de mesure) au C3 : une balance